De braise ou furtif, perçant ou admiratif, d'un regard tu l'as trouvé, et l'as retenu, captif. Il s'est fait plus caressant, pourtant plein de convoitise, c'est celui qui déshabille et qui, tous les sens, attise ! À tes œillades enflammées, il ne s'est pas dérobé, avant même de te toucher, son regard te dévorait ! et quand il a succombé, que dans ses bras il t'a serrée vous vous êtes vite abrités, loin des regards indiscrets.
Mais les années ont passé, ses prunelles se sont fanées. Tu as beau les questionner, elles ne reflètent plus rien, tu t'étioles désespérée, sans ses yeux émerveillés. Mornes, passent tes journées, tu croises son regard éteint. Tu voudrais le provoquer, et la flamme, ranimer, toutes les larmes qui ont perlé, n'ont pas retissé le lien. De regards durs en regards froids, tu es chassée ! Lui, caché derrière ses cils, fuit le feu du tien .
De toi, enfin, il a détourné le regard, la jalousie, en ton cœur, a piqué son dard. Et si tu la vois, tes yeux noirs la foudroieront, tes pupilles dilatées, lui donneront le frisson ! Tu ressens de la haine et ce trouble est malsain, elle ne prend sa mesure qu'à celle de ton chagrin Sur un ultime coup d'œil, d'indifférence empreint, tu sais, dès lors, qu'un regard peut être assassin !